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Benjamin Plateau · 13 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
L'assemblée générale est un rassemblement des actionnaires ou membres pour voter sur les décisions stratégiques de l'entreprise.
Elle se divise en ordinaire (une fois par an) et extraordinaire (pour des modifications de statuts).
L'assemblée ordinaire doit se tenir dans les six mois après la clôture d’un exercice comptable et doit être convoquée au moins 15 jours à l’avance.
Les documents nécessaires (comptes annuels, rapports) doivent être envoyés 15 jours avant la réunion.
Un procès-verbal est rédigé et signé après la réunion pour enregistrer les décisions prises.
L'assemblée générale est un moment clé de la vie d'une société. Elle réunit les associés ou actionnaires pour prendre les décisions stratégiques qui engagent l'avenir de l'entreprise : approbation des comptes, modification des statuts, nomination de dirigeants.
Convocation, quorum, vote, procès-verbal : chaque étape obéit à des règles précises encadrées par le Code de commerce. Ce guide vous explique comment organiser une assemblée générale dans les règles, quels sont les différents types existants et comment éviter les risques juridiques liés à une mauvaise gestion.
L'assemblée générale est une réunion qui rassemble les associés ou actionnaires d'une société afin de délibérer sur des sujets concernant la vie de l'entreprise. Elle constitue l'organe souverain de la société, distinct de la direction qui assure la gestion quotidienne. Toutes les décisions qui dépassent les pouvoirs des dirigeants doivent être validées par les associés réunis en assemblée.
Le cadre juridique de l'assemblée générale est défini principalement par le Code de commerce, et plus particulièrement par les articles relatifs à chaque forme de société. Les statuts de l'entreprise viennent compléter ces règles légales en précisant les modalités propres à chaque structure.
L'assemblée générale remplit plusieurs fonctions essentielles. Elle permet aux associés d'exercer leur droit de vote et de contrôler la gestion de la société. Elle valide les décisions stratégiques, approuve les comptes annuels, statue sur l'affectation du résultat et nomme les organes de direction.
Au-delà de l'aspect réglementaire, l'assemblée générale est un véritable temps d'échange entre associés. Elle permet de partager une vision commune, de débattre des orientations futures et de garantir la transparence dans la gouvernance de l'entreprise.
💡 À savoir : Dans une société unipersonnelle (EURL ou SASU), l'associé unique exerce seul les pouvoirs dévolus à l'assemblée générale. Ses décisions sont alors consignées dans un registre spécial, sans tenue d'une véritable réunion.
Il existe plusieurs formes d'assemblées générales, chacune avec ses propres règles de fonctionnement et ses domaines de compétence. Le choix du type d'assemblée dépend de la nature des décisions à prendre.
L'assemblée générale ordinaire est celle qui se tient le plus fréquemment dans la vie d'une société. Son rôle principal est d'approuver les comptes annuels et de statuer sur l'affectation du résultat. Elle se réunit au minimum une fois par an, dans les six mois suivant la clôture de l'exercice pour les sociétés commerciales soumises à cette obligation.
L'AGO traite des décisions qui ne modifient pas les statuts. Elle peut notamment renouveler les mandats des dirigeants, fixer leur rémunération, nommer un commissaire aux comptes ou encore distribuer des dividendes aux associés.
L'assemblée générale extraordinaire est convoquée pour prendre des décisions qui modifient les statuts de la société. Sa convocation devient nécessaire dans des situations comme une augmentation de capital, un changement de forme juridique, un transfert de siège social ou une fusion-acquisition.
Les conditions de quorum et de majorité y sont plus strictes qu'en AGO, en raison de l'importance des décisions prises. Le procès-verbal d'AGE doit ensuite être déposé au greffe du tribunal de commerce pour enregistrer les modifications statutaires.
L'assemblée générale mixte combine, lors d'une même réunion, les compétences de l'AGO et de l'AGE. Cette formule présente un avantage pratique majeur : elle permet d'éviter de convoquer deux assemblées distinctes lorsque l'ordre du jour comprend à la fois des décisions ordinaires et extraordinaires.
Chaque type de résolution est toutefois soumis à ses propres règles de quorum et de majorité. Les votes sont distincts selon que la décision relève d'une AGO ou d'une AGE.
L'assemblée générale constitutive est celle qui marque la création de la société. Elle réunit l'ensemble des futurs associés pour adopter les statuts, désigner les premiers dirigeants et acter la formation officielle de l'entreprise. Cette assemblée est principalement utilisée pour les sociétés anonymes (SA) et les sociétés en commandite par actions.
L'obligation de tenir une assemblée générale dépend directement de la forme juridique de la société. Pour la plupart des sociétés commerciales, la loi impose au moins une assemblée annuelle pour l'approbation des comptes.
Selon l'article L. 232-1 du Code de commerce, les dirigeants doivent établir les comptes annuels et un rapport de gestion à la clôture de chaque exercice. Ces documents sont ensuite soumis à l'approbation des associés en assemblée générale.
L'obligation et ses modalités varient selon la forme sociale :
SARL : AGO annuelle obligatoire dans les six mois suivant la clôture de l'exercice (article L. 223-26 du Code de commerce)
SA : AGO annuelle obligatoire dans le même délai
SAS : l'approbation annuelle des comptes demeure une obligation légale, mais les statuts fixent librement les modalités de prise de décision collective (forme, délai, modes de consultation). Le délai de six mois ne s'applique pas systématiquement comme en SARL ou SA, sauf disposition statutaire ou cas spécifique
SCI : société civile par nature, elle n'est pas soumise au régime des sociétés commerciales pour l'AGO annuelle d'approbation des comptes. L'organisation et la fréquence des assemblées sont définies par les statuts, dans le respect du Code civil
L'absence de tenue d'une assemblée générale obligatoire peut entraîner plusieurs conséquences juridiques. Les associés ou tout intéressé peuvent demander en justice la désignation d'un mandataire chargé de convoquer l'assemblée. Le dirigeant qui s'abstient de réunir les associés peut engager sa responsabilité civile.
L'absence d'approbation des comptes dans les délais peut également retarder ou compliquer leur dépôt au greffe. Le dépôt reste toutefois une obligation distincte de l'approbation : certaines sociétés peuvent procéder au dépôt même lorsque l'approbation n'a pas eu lieu dans les délais, en signalant cette situation. Des sanctions financières et une perte de crédibilité auprès des tiers peuvent néanmoins en découler.
Des sanctions pénales existent dans des cas précis, comme le faux ou usage de faux dans les comptes ou les irrégularités spécifiquement visées par le Code de commerce. Elles ne s'appliquent pas de manière générale à toute AG mal tenue.
💡 À savoir : Pour les SAS et les SASU, la loi laisse une grande liberté dans la rédaction des statuts. Il est donc essentiel de bien rédiger les clauses relatives à la prise de décision collective dès la création de la société pour éviter les blocages futurs.
L'assemblée générale réunit avant tout les détenteurs du capital social, mais d'autres acteurs peuvent également y assister selon leur fonction au sein de la société.
Les associés ou actionnaires disposent d'un droit de participation et de vote proportionnel à leur quote-part dans le capital. Ce droit est inaliénable : aucune clause statutaire ne peut priver un associé de sa participation aux décisions collectives, conformément à la jurisprudence constante.
Plusieurs autres personnes peuvent assister à l'assemblée générale, sans nécessairement disposer d'un droit de vote :
Le ou les dirigeants de la société (gérant, président, directeur général)
Le commissaire aux comptes, dont la nomination dépend des seuils légaux ou des statuts indépendamment des AG. Sa présence en assemblée découle de cette désignation préalable
Les représentants du comité social et économique (CSE) dans certaines situations
Les conseils des associés (avocats, experts-comptables) sur autorisation
Le commissaire aux comptes, lorsqu'il a été désigné, présente son rapport sur les comptes annuels et répond aux questions des associés. Sa nomination est obligatoire dans les sociétés dépassant les seuils définis par le Code de commerce.
Un associé qui ne peut pas se rendre à l'assemblée a la possibilité de se faire représenter. Le mandataire désigné peut être un autre associé, le conjoint ou toute personne autorisée par les statuts.
Le mandat doit être rédigé par écrit et préciser les modalités de vote pour chaque résolution inscrite à l'ordre du jour. Sans instruction spécifique, le mandataire vote librement, ce qui peut créer des situations délicates en cas de désaccord ultérieur.
La convocation est une étape critique : tout vice de procédure peut entraîner la nullité des décisions prises lors de l'assemblée. Il est donc essentiel de respecter scrupuleusement les règles applicables à votre forme juridique et à la période concernée.
La convocation est généralement adressée par le dirigeant de la société. Selon les statuts et la forme sociale, elle peut être envoyée par lettre simple, lettre recommandée avec accusé de réception, ou par voie électronique.
Pour la convocation électronique, le régime classique impose un accord préalable des associés ou actionnaires. Toutefois, ce régime évolue en 2026 : à partir du 1er juillet 2026, certaines sociétés anonymes verront la convocation électronique devenir le mode par défaut, conformément à un décret du 13 février 2026. Il est donc essentiel de vérifier les règles applicables à votre forme sociale et à la date de convocation.
Pour les sociétés cotées et certaines sociétés anonymes, la convocation passe également par une publication dans un journal d'annonces légales. Cette formalité vise à informer les actionnaires dispersés ou non identifiés individuellement.
Les délais varient selon la structure juridique et peuvent être ajustés par les statuts dans certaines limites :
SARL : 15 jours minimum avant la date de l'assemblée
SA : 15 jours pour les actionnaires nominatifs
SAS : délai librement fixé par les statuts
SCI : 15 jours sauf disposition contraire des statuts
Le mode de convocation choisi peut aussi influencer le calcul du délai (point de départ, date de réception, voie électronique). Le non-respect du délai expose les décisions à un risque d'annulation. Il est recommandé de prévoir une marge de sécurité supplémentaire, notamment pour anticiper les délais postaux.
La convocation doit comporter plusieurs informations indispensables. Elle précise la date, l'heure et le lieu de la réunion, ainsi que l'ordre du jour détaillé. Les documents nécessaires aux délibérations (comptes annuels, rapport de gestion, projet de résolutions) doivent être joints ou mis à disposition des associés.
💡 À savoir : Une décision prise sur une question non inscrite à l'ordre du jour est en principe nulle, sauf accord unanime des associés. Il est donc essentiel de rédiger un ordre du jour précis et exhaustif, qui couvre tous les points à débattre.
Le déroulement d'une assemblée générale suit un protocole précis. Chaque étape contribue à garantir la régularité des décisions prises et leur opposabilité aux tiers.
L'ordre du jour liste les points qui seront débattus et soumis au vote. Il est arrêté par l'auteur de la convocation, généralement le dirigeant. Les associés détenant une fraction significative du capital peuvent toutefois demander l'inscription de points supplémentaires.
Chaque résolution doit être formulée de manière claire et précise pour permettre aux associés de voter en connaissance de cause. Une rédaction ambiguë peut donner lieu à des contestations ultérieures.
La feuille de présence est signée par chaque associé ou son mandataire à l'entrée de l'assemblée. Elle mentionne l'identité des participants, le nombre de parts ou actions détenues, ainsi que les pouvoirs reçus le cas échéant.
Ce document est essentiel pour vérifier que le quorum est atteint et pour calculer les majorités au moment du vote. Il est annexé au procès-verbal et conservé avec les archives sociales.
Le quorum correspond au nombre minimal de parts ou d'actions devant être représentées pour que l'assemblée puisse valablement délibérer. La majorité désigne la proportion de votes nécessaires pour qu'une résolution soit adoptée.
Ces règles varient selon la forme sociale et le type d'assemblée :
Pour les SARL constituées après le 4 août 2005, l'article L. 223-30 du Code de commerce fixe ces règles de quorum et de majorité pour les modifications statutaires.
Le vote intervient après la présentation et le débat sur chaque résolution. Il peut se dérouler à main levée, par bulletin secret ou par tout autre moyen prévu par les statuts.
Chaque associé dispose d'un nombre de voix proportionnel à sa participation au capital, sauf clause statutaire spécifique (actions à droit de vote double, par exemple). Les résultats du vote sont consignés résolution par résolution dans le procès-verbal.
La durée d'une assemblée générale varie considérablement selon la complexité de l'ordre du jour et la taille de la société. Pour une PME avec un nombre limité d'associés, une assemblée annuelle d'approbation des comptes dure généralement entre 1 et 2 heures.
Plusieurs facteurs influencent cette durée. Le nombre de résolutions soumises au vote, la présence d'éventuels désaccords entre associés et la complexité des points abordés (fusion, augmentation de capital) peuvent rallonger significativement la réunion. Pour les sociétés anonymes cotées, certaines assemblées peuvent durer une journée entière.
Une bonne préparation permet de limiter la durée : envoi anticipé des documents, formulation claire des résolutions et anticipation des questions des associés sont autant de leviers pour fluidifier la réunion.
Le procès-verbal (PV) est le document officiel qui retrace le déroulement de l'assemblée et acte les décisions prises. Sa rédaction est obligatoire et doit respecter un formalisme précis pour garantir la validité juridique des résolutions.
Les mentions obligatoires du PV comprennent :
La date, l'heure et le lieu de l'assemblée
L'identité du président de séance et des secrétaires
Le rappel de l'ordre du jour
Le résumé des débats et des interventions
Le texte intégral des résolutions soumises au vote
Les résultats des votes pour chaque résolution
La signature selon les règles applicables à la société, généralement par le président de séance et les personnes désignées par les statuts
Le procès-verbal doit être consigné dans un registre spécial tenu au siège social. Ce registre, prévu par l'article R. 221-3 du Code de commerce, doit être coté et paraphé pour garantir son authenticité.
Lorsque l'assemblée a modifié les statuts, le PV doit être déposé au greffe du tribunal de commerce dans le mois qui suit la décision. Cette formalité est indispensable pour rendre les modifications opposables aux tiers et mettre à jour l'extrait Kbis de la société.
💡 À savoir : La conservation des PV s'inscrit dans la durée car ces documents peuvent être réclamés par l'administration fiscale, les tribunaux ou les nouveaux associés en cas de cession de parts. Il est recommandé de les conserver durablement, sans limite pratique de temps, avec les autres documents juridiques de la société.
Une assemblée générale mal organisée expose la société à de réels risques juridiques et financiers. La connaissance de ces risques permet de mieux anticiper et sécuriser chaque étape du processus.
Le premier risque est l'annulation des décisions prises. Un défaut de convocation, le non-respect des délais, l'absence de quorum ou un vice dans le vote peuvent entraîner la nullité des résolutions. Cette annulation peut être demandée par tout associé pendant trois ans à compter de la date de la décision contestée.
Les conséquences financières peuvent être lourdes. Une augmentation de capital annulée, par exemple, oblige à restituer les fonds aux souscripteurs. Une nomination de dirigeant invalidée remet en cause tous les actes accomplis pendant son mandat. Des opérations comme la distribution de dividendes ou la modification des statuts peuvent ainsi être bloquées rétroactivement.
La responsabilité du dirigeant peut également être engagée en cas de manquement aux obligations légales. Il s'expose à une action en responsabilité civile si sa négligence cause un préjudice à la société ou aux associés. Dans des cas spécifiques, comme le faux, l'usage de faux ou les irrégularités précisément visées par le Code de commerce, des sanctions pénales peuvent également s'appliquer.
Pour limiter ces risques, il est essentiel de formaliser chaque étape : conserver les preuves d'envoi des convocations, vérifier les pouvoirs reçus, tenir une feuille de présence rigoureuse et rédiger un PV exhaustif. Le recours à un expert-comptable ou à un avocat peut également sécuriser les opérations sensibles, notamment lors d'AGE.
Une assemblée générale est généralement dirigée par le président de la société ou par la personne désignée dans les statuts.
L’objectif de l’assemblée générale annuelle est d’approuver les comptes de l’exercice, décider de l’affectation du résultat et informer les associés sur la situation de l’entreprise.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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