Résumé de l’article
- La SASU permet à un entrepreneur de créer une société seul avec une grande liberté dans son organisation.
- Sa création implique notamment la rédaction des statuts, le dépôt du capital, la publication d’une annonce légale et l’immatriculation.
- Par défaut soumise à l’impôt sur les sociétés, la SASU peut sous certaines conditions opter temporairement pour l’impôt sur le revenu.
- Le président rémunéré bénéficie du statut d’assimilé salarié, avec une protection sociale étendue mais sans assurance chômage.
- Le choix entre SASU et EURL dépend principalement du régime social souhaité, du niveau de rémunération et des besoins de protection sociale.
La SASU, ou société par actions simplifiée unipersonnelle, séduit de plus en plus d’entrepreneurs qui souhaitent lancer leur activité seuls tout en conservant une structure évolutive. Souple dans son fonctionnement, elle permet de choisir librement son régime fiscal, de protéger son patrimoine personnel et de faire évoluer facilement son projet vers une SAS à plusieurs associés.
Ce guide fait le point sur tout ce qu’il faut savoir pour créer une SASU, comprendre son fonctionnement, sa fiscalité et le régime social de son président.
Qu’est-ce qu’une SASU ?
La SASU est une société commerciale composée d’un seul associé, personne physique ou morale, qui détient l’intégralité du capital social. Elle correspond à la déclinaison unipersonnelle de la SAS, régie par l'article L.227-1 du Code de commerce, qui renvoie pour l’essentiel aux règles applicables à la société par actions simplifiée classique.
Cette forme juridique offre une grande liberté statutaire. L’associé unique fixe lui-même les règles de fonctionnement de sa société dans les statuts, qu’il s’agisse des modalités de prise de décision, des conditions de cession des actions ou encore des pouvoirs du président. Cette souplesse explique en grande partie le succès de la SASU auprès des créateurs d’entreprise, qu’ils soient freelances, consultants ou porteurs de projets plus ambitieux.
SASU, SAS et EURL : quelles différences
La SASU se distingue de la SAS uniquement par le nombre d’associés. Une SAS devient automatiquement une SASU dès lors qu’elle ne compte plus qu’un seul actionnaire, et inversement. Le régime juridique, fiscal et social reste globalement identique entre les deux structures, à l’exception de certaines règles de gouvernance propres aux sociétés pluripersonnelles.
La comparaison avec l'EURL est différente, car il s’agit là de deux formes juridiques distinctes avec des régimes sociaux opposés. Le gérant associé unique d’une EURL relève du statut de travailleur non salarié, tandis que le président de SASU est assimilé salarié. Ce choix a des conséquences importantes sur le niveau de charges sociales et sur la protection sociale du dirigeant, à étudier au cas par cas selon la situation personnelle et le niveau de rémunération envisagé.
Comment créer une SASU ?
La création d’une SASU suit un parcours de formalités similaire à celui des autres sociétés commerciales, avec quelques spécificités liées à son caractère unipersonnel.
Les étapes de la création
La constitution d’une SASU passe par plusieurs étapes incontournables :
- la rédaction des statuts, qui définissent l’objet social, le montant du capital, la répartition des pouvoirs et les modalités de fonctionnement de la société ;
- le dépôt du capital social sur un compte bancaire dédié ;
- la publication d’un avis de constitution dans un support d'annonces légales ;
- l’immatriculation de la société via le guichet unique, qui permet d’obtenir un numéro SIREN et un extrait Kbis.
L’associé unique doit également nommer un président, qui peut être lui-même ou un tiers, personne physique ou morale. Ce président représente légalement la société vis-à-vis des tiers et exerce les pouvoirs définis par les statuts.
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Le capital social d’une SASU
Le montant du capital social d’une SASU est librement fixé par l’associé unique. Aucun minimum légal n’est imposé, conformément à l’article L.227-1 du Code de commerce, ce qui permet de créer une SASU avec un capital symbolique d’un euro. Ce capital peut être constitué d'apports en numéraire, versés sur un compte bloqué avant l’immatriculation, ou d'apports en nature, correspondant à des biens matériels ou immatériels apportés à la société.
Pour les apports en numéraire, seule la moitié du montant doit être libérée à la constitution, le solde pouvant être versé dans les cinq années suivant l’immatriculation. Un capital trop faible peut néanmoins nuire à la crédibilité de la société auprès des banques, fournisseurs ou partenaires commerciaux, même s’il n’existe aucune obligation légale en la matière.
Le coût de création d’une SASU
Créer une SASU implique plusieurs frais obligatoires, notamment les frais de greffe pour l’immatriculation et le coût de publication de l’annonce légale. À ces frais s’ajoutent, le cas échéant, les honoraires d’un professionnel si l’entrepreneur choisit de se faire accompagner pour la rédaction des statuts ou les démarches administratives. Le montant total varie selon que la création est réalisée seul ou avec l’aide d’un expert-comptable ou d’un avocat.
💡 À savoir : la rédaction des statuts est une étape déterminante qui mérite une attention particulière, car elle encadre l’ensemble du fonctionnement futur de la société, y compris la rémunération du président et les conditions de cession des actions.

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TéléchargerComment fonctionne une SASU ?
Le fonctionnement d’une SASU repose sur une grande liberté organisationnelle, contrairement à des formes plus encadrées comme la SARL.
Le rôle et les pouvoirs du président
Le président est l’organe de direction obligatoire de la SASU. Il représente la société auprès des tiers, signe les contrats en son nom et engage sa responsabilité en cas de faute de gestion. L’associé unique peut cumuler cette fonction avec celle de président, ou confier la présidence à une autre personne tout en restant seul détenteur du capital.
Les statuts peuvent prévoir la nomination d’organes complémentaires, comme un directeur général, pour partager certaines responsabilités opérationnelles. Cette flexibilité permet d’adapter la gouvernance de la société à mesure qu’elle se développe.
Les statuts et la prise de décision
Dans une SASU, l’associé unique prend seul l’ensemble des décisions relatives à la vie de la société, qu’il s’agisse de l'approbation des comptes annuels, de la modification des statuts ou de la nomination du président. Ces décisions doivent être consignées dans un registre spécifique pour être opposables aux tiers.
Cette simplicité de gouvernance constitue l’un des atouts majeurs de la SASU par rapport à des structures pluripersonnelles, où les décisions nécessitent souvent l’accord de plusieurs associés selon des règles de majorité définies dans les statuts ou un pacte d’associés.
Quel régime fiscal pour une SASU ?
Le régime fiscal de la SASU dépend du choix opéré par l’associé unique entre l’imposition à l’impôt sur les sociétés et l’option pour l’impôt sur le revenu.
L’imposition à l’impôt sur les sociétés
Par défaut, la SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés. Les bénéfices réalisés par la société sont donc imposés au niveau de la structure elle-même, avant toute distribution à l’associé unique. Ce dernier n’est imposé personnellement que sur les sommes qu’il perçoit, que ce soit sous forme de rémunération ou de dividendes, chacune étant soumise à un régime fiscal distinct.
Ce fonctionnement permet de dissocier la fiscalité de la société de celle de l’associé, offrant une certaine souplesse dans l’arbitrage entre rémunération et distribution de dividendes selon la situation personnelle de l’entrepreneur.
L’option pour l’impôt sur le revenu
Sous certaines conditions, une SASU peut opter temporairement pour le régime fiscal des sociétés de personnes, qui entraîne une imposition à l'impôt sur le revenu. Cette option, prévue par l'article 239 bis AB du Code général des impôts, s’adresse notamment aux jeunes sociétés en phase de lancement, car elle permet d'imputer les déficits éventuels directement sur le revenu global de l’associé.
L’option doit être notifiée au service des impôts des entreprises au cours des trois premiers mois de l'exercice concerné et n’est ouverte que sous certaines conditions liées à l’ancienneté de la société, à son effectif et à son chiffre d’affaires. Elle est valable pour une durée limitée, au-delà de laquelle la société retourne automatiquement au régime de l’impôt sur les sociétés.
💡 À savoir : le choix entre IS et IR doit être mûrement réfléchi, car il a des conséquences directes sur l’imposition des bénéfices, sur les modalités de rémunération du président et sur la fiscalité personnelle de l’associé unique.
Quelle rémunération pour le président de SASU ?
La question de la rémunération du président est centrale dans le pilotage d’une SASU, tant sur le plan fiscal que social.
Le président peut-il se verser un salaire librement ?
L’associé unique dispose d’une grande liberté pour déterminer le montant et les modalités de la rémunération du président, dans les limites fixées par les statuts. Il peut choisir de se verser un salaire fixe, une part variable liée aux résultats de la société, ou une combinaison des deux. Cette rémunération est déductible du résultat imposable de la société lorsqu’elle est soumise à l’impôt sur les sociétés.
Le montant de cette rémunération doit rester cohérent avec la situation financière de la société et les résultats réellement générés, sous peine de requalification par l’administration fiscale ou sociale.
Est-il possible de ne pas se verser de salaire ?
Aucune disposition légale n’oblige le président de SASU à se verser une rémunération. Il est tout à fait possible d'exercer ses fonctions à titre gratuit, notamment lors des premières années d’activité si la société ne génère pas encore suffisamment de trésorerie. Dans ce cas, le président ne cotise pas au régime général de la sécurité sociale au titre de son mandat, faute de rémunération servant de base de calcul aux cotisations.
Cette absence de cotisation a toutefois un impact direct sur la protection sociale du dirigeant, qui ne bénéficie alors d’aucune couverture maladie ou retraite au titre de son mandat social, sauf s’il dispose d’une autre activité ou d’une couverture par ailleurs.
Les avantages sociaux du président de SASU
Lorsqu’il perçoit une rémunération, le président de SASU relève du régime général de la sécurité sociale au titre de l'article L.311-3 du Code de la sécurité sociale, avec le statut d’assimilé salarié. Il bénéficie à ce titre d'une couverture sociale proche de celle d’un salarié classique, incluant l’assurance maladie, la maternité et la retraite de base et complémentaire.
Certains avantages traditionnellement réservés aux salariés, comme les chèques vacances ou une mutuelle d’entreprise, peuvent également être mis en place au bénéfice du président, sous réserve du respect des conditions propres à chaque dispositif. En revanche, le statut d’assimilé salarié n’ouvre pas droit à l’assurance chômage, ce qui reste l’une des principales limites de ce régime social par rapport à celui d’un salarié classique.
Quelles sont les charges sociales et cotisations en SASU ?
Les cotisations sociales dues au titre de la rémunération du président de SASU sont calculées selon les règles applicables au régime général, avec des taux globalement proches de ceux appliqués aux salariés classiques. Ces charges couvrent l’ensemble des risques sociaux, à l’exception de l’assurance chômage, et sont prélevées à la fois sur la part salariale et sur la part patronale de la rémunération.
Le niveau de ces cotisations dépend directement du montant de la rémunération brute versée. Plus la rémunération est élevée, plus les charges sociales augmentent en proportion, ce qui incite de nombreux dirigeants à arbitrer entre rémunération et dividendes selon leur situation personnelle et les résultats de la société.
💡 À savoir : contrairement à la rémunération, les dividendes versés à l’associé unique ne sont pas soumis aux cotisations sociales du régime général, mais restent assujettis aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
Quels sont les avantages et les inconvénients de la SASU ?
Comme toute forme juridique, la SASU présente des atouts et des limites qu’il convient de mettre en balance avant de se lancer.
Les avantages de la SASU
La SASU offre une grande liberté statutaire, permettant d’adapter finement les règles de fonctionnement de la société aux besoins de l’entrepreneur. Elle protège également le patrimoine personnel de l’associé unique, dont la responsabilité est limitée au montant de ses apports. Le statut d’assimilé salarié du président garantit par ailleurs une protection sociale complète, à l’exception de l’assurance chômage.
Cette structure facilite aussi l’entrée de nouveaux investisseurs ou associés, la SASU pouvant se transformer facilement en SAS pluripersonnelle sans nécessiter de changement de forme juridique.
Les inconvénients de la SASU
En contrepartie de ces avantages, la SASU implique des formalités de création et de gestion plus lourdes que celles d’une entreprise individuelle ou d’une micro-entreprise. Les charges sociales liées au statut d’assimilé salarié sont généralement plus élevées que celles d’un travailleur non salarié, notamment lorsque la rémunération versée est importante.
La tenue d’une comptabilité complète est également obligatoire, ce qui représente un coût de gestion supplémentaire pour l’associé unique, qui doit dans la plupart des cas se faire accompagner par un expert-comptable ou s’équiper d’un logiciel adapté.
SASU ou EURL, comment choisir ?
Le choix entre SASU et EURL dépend principalement de deux facteurs : le régime social souhaité pour le dirigeant et le niveau de rémunération envisagé. Le statut d’assimilé salarié du président de SASU offre une meilleure protection sociale, notamment en matière de retraite, mais engendre des charges sociales plus élevées à rémunération équivalente. Le statut de travailleur non salarié du gérant d’EURL présente l’avantage inverse, avec des cotisations généralement plus faibles mais une couverture sociale moins complète.
Ce choix a également des conséquences sur le régime fiscal par défaut, l’EURL étant en principe soumise à l’impôt sur le revenu tandis que la SASU l’est à l’impôt sur les sociétés, chacune pouvant toutefois opter pour le régime inverse sous certaines conditions. La décision doit donc s’appuyer sur une projection concrète des revenus attendus et des besoins de protection sociale de l’entrepreneur. Il est également possible de passer d’une EURL à une SASU plus tard.







